Goma Culture : Vernissage du livre  » La guerre a échoué » de Micheline Mwendike.

©Just Kas

‘’ La Guerre a échoué. Prémisse de la Lutte pour le changement.’’ C’est le titre du nouveau livre verni à Goma, au Nord-Kivu Rdc. De la plume de Micheline Mwendike, cette œuvre qui parait à la Maison d’édition locale Mlimani raconte l’histoire de la brave fille Micheline née à Goma en 1985. Ayant vécu une enfance pendant la guerre, elle initie en 2012 le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha) qui vise le changement dans non-violence en interpellant les gouvernants dans la bonne gouvernance.

La soirée du 30 Juillet, la librairie Laves littéraire, la plus grande de la ville de Goma a servi de cadre pour le vernissage du livre «  La Guerre a échoué. Prémisse de la Lutte pour le changement. »  Après un slam de Francky D. pour l’ouverture de l’activité ainsi que la lecture d’un extrait de l’ouvrage par l’étudiante Marie Jeanne, l’assistance composée d’une cinquantaine de jeunes chercheurs, artistes, militant de la LUCHA ainsi que des acteurs humanitaires a accueilli l’auteure par une salve d’applaudissements.

Cœur Tam-Tam Kabuyaya a modéré la manifestation. Habillée en style modeste, robe noire et un haut blaser en pagne qui la sublime, avec une coiffure en chignon de Torsadin qui dégage clairement son visage, l’auteur de l’opus était resplendissante et tout sourire.

Prenant la parole, l’auteure indique d’abord être émue du public venu écouter son message.

A propos du titre de l’ouvrage, elle commente‘’ Je suis une fille de la guerre. Presque tous les habitants de Goma ont vécu la douleur de la guerre. Nous avons connu la guerre, nous la connaissons et nous l’avons démasquée. Nous savons combien elle est laide. C’est pour cette raison que nous l’avons vaincue, elle a échoué. ’’

En effet, explique-t-elle, Si la guerre changeait des choses alors toutes ses rébellions auraient déjà changé la réalité congolaise. Quel dommage ! Elle ne porte à rien, à part le sang. Voilà pourquoi j’estime qu’il faut donc changer des méthodes en faisant la lutte non violente. C’est cela qui nous a motivé à nous engager dans la LUCHA. »

Selon elle, bien que tragique, toutes ces expériences n’ont pas su transformer des habitants en des sanguinaires. Aujourd’hui, poursuit- elle, Goma continue à rire, nous nous entraidons au-delà de nos tribus. C’est pour témoigner que l’homme peut aimer, aller au-delà de la souffrance pour construire, un meilleur avenir en évitant les erreurs du passé.

‘’ Ainsi nous disons au monde entier que la guerre ne peut pas vaincre sur nous, nous sommes résilients, voilà pourquoi nous luttons pour le changement de ce pays et nous sommes convaincu que nous vaincrons dans la non-violence, sans utiliser la guerre parce qu’en elle-même elle est une erreur.’’ dit elle

Participant à cette activité, le chef des travaux Bernardin Ulimwengu a d’abord exprimé un sentiment de satisfaction de voir qu’une fille de Goma parvient à écrire. ‘’Nous sommes habitués à exploiter des textes d’autres cieux et nous pensons que ne peuvent écrire que ceux qui viennent d’ailleurs. C’est donc un exemple à donner aux jeunes, étudiants ; élèves.. Pour apprendre à lire ce qui est écrit à partir de chez eux et compte tenu de l’expérience du terroir’’ lache-t’il. De gerbes de fleurs méritées.

Partageant le point de vue de l’auteur, il est convaincu que la solution au développement de la société réside dans la collaboration, l’acceptation mutuelle et non dans la guerre. ‘’ Ces guerres que nous connaissons depuis 30 ans ne nous ont pas aidé à avancer. Elles ont conduit à des massacres, des pertes en vie humaine, détruit le système agricole pendant que la province du Nord-Kivu était jadis considérée comme le grenier de la Rdc, cette province verte est qualifiée aujourd’hui de capital du viol. Quel paradoxe !

Après le vernissage, l’auteur a signé les autographes à ceux qui ont acheté sur place. Disponible à 5$, ce livre se vend à la librairie Laves littéraires située derrière Bralima au rond-point Chukudu (tortinette à bois, symbole du travail et de la résilience). En guise de suggestion, un enseignant participant recommande que cette publication soit vulgarisée dans les écoles de la région, car elle est écrite partant de nos réalités locales.

Ainsi l’Afrique écrit sa propre histoire, comme l’a dit Patrice Emery Lumumba d’heureuse mémoire.

Albert Isse Sivamwanza

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