Ce qu’il faut retenir du testament du feu Honorable Jean Louis Ernest KYAVIRO.

19 janvier 2019 – 19 janvier 2023, 4 ans déjà jour pour jour depuis que s’éteignait Ernest KYAVIRO, notable de la ville de Beni ayant milité pendant ses derniers jours pour la fin des massacres dans cette partie de la province du Nord Kivu. 4 tristes années après son départ, quelques-unes des dernières actions politiques de ce fervent combattant méritent une attention particulière. C’est ce que pense Christian KYAVIRO, son fils que nous avons rencontré.

Christian Kyaviro est Politologue de Formation à l’université de Goma.  » 4 ans après le départ de mon père, 4 ans d’investigation, 4 ans de fouille systématique, je viens enfin de tomber sur les toutes dernières actions politiques de mon père  » a-t-il indiqué, soucieux de continuer la lutte de son père. C’était dans une déclaration rendue public le jeudi 19 janvier dernier.

De ces actions politiques, que Christian qualifie de « testament de mon père », il ne se limite qu’à deux qui, selon lui, sont les plus marquantes. En effet, dans une lettre adressée à ses compagnons, Ernest KYAVIRO dénonce un certain nombre d’injustices dont il a été lui-même témoin, de son vivant.

De Bosco NTAGANDA alias « terminator » jusqu’à Moise KATUMBI en passant par Gédéon KYUNGU, surnommé « Chinja chinja », il use d’un parallélisme comparatif pour illustrer la contradiction des décisions prises par le gouvernement congolais. Pour lui, des « criminels » ont été visiblement récompensés pour leurs innombrables crimes en dépits des poursuites judiciaires dont ils étaient des cibles, et des grands combattants dignes des éloges de tous ont été pourtant contraints à l’exil.

Cette lettre qui avait pour but de conscientiser tous ses interlocuteurs finit par des questions rhétoriques les rappelant le sens de l’intérêt du pays : « C’est pour cela que je voudrais que ceux qui peuvent m’aider à trouver l’intérêt du pays et la garantie des élections apaisées dans les attitudes ci-haut décrites m’aident, et c’est pourquoi je sollicite humblement une large diffusion de mes questions », soupire-t-il, criant à l’aide à ses confrères de lutte pour qu’il soit entendu un peu partout.

Ensuite, au côté d’une dizaine de notables de Beni, parmi lesquels Hon. Jean Paul LUMBULUMBU (actuel vice-président de l’Assemblée Provinciale du Nord Kivu), animés par le retour de la paix dans fief, il a initié une demande d’aide qu’ils ont adressée au Docteur Dénis Mukwege. Cette correspondance consistait à demander au Prix Nobel de la Paix 2018 de mener un plaidoyer en faveur d’une ingérence humanitaire international pour mettre fin aux massacres perpétrés par les terroristes de l’ADF/NALU depuis octobre 2014.

Réagissant à l’attitude de l’ONU devant toutes les injustices que vivait le congolais, ce député national avait décidé de mener une action à l’échelle internationale. Cela à travers une correspondance adressée à Antonio Guiteres, Secrétaire Général De l’ONU. Dans cette lettre ouverte et bien détaillée, Ernest exprime clairement sa protestation contre le regard silencieux de l’ONU à tous les niveaux et l’appelait à mettre fin à l’impunité et à renforcer la protection des civiles lors des conflits armés : « Avant tout, l’ONU doit de mettre fin à l’impunité dont elle fait preuve en RDC. « … »

Ensuite, la protection des civils doit être rendue plus efficace : les Nations Unies doivent désormais avoir le devoir et la capacité  d’intervenir même quand les agents de l’état, en violation de la constitution congolaise abusent la puissance publique. Ainsi, la nouvelle Résolution doit prévoir non seulement de mieux  équiper et de mieux entrainer les troupes de la MONUSCO, mais aussi leur donner le droit d’intervenir quand les droits des civils sont menacés par des agents de l’Etat. » Concluant-il en termes de propositions à cette autorité des nations unies.

Ainsi, émerveillé par la lutte inachevée initiée par son défunt père, Christian KYAVIRO, ce jeune politologue de formation, fruit de l’université de Goma décide de s’engager à la poursuite de cette lutte qui est restée jusque-là sans résultat concret parce que souffrant, selon lui, d’un manque d’attention : « Au vu du combat qu’avait mené mon père de son vivant, je me suis dit que le plus grand hommage que je puisse lui rendre c’est de poursuivre sa lutte. J’irai jusqu’à verser la dernière goute de mon sang, s’il le faut, pour la cause que mon père servait puisse atteindre son but », nous a-t-il confié, convaincu qu’il faut rendre l’âme pour une lutte salvatrice.

Pour rappel, l’honorable Ernest Jean Louis Ernest KYAVIRO s’est éteint le 19 janvier 2019 de suite des malaises causés par les conditions inhumaines dans lesquelles il avait été détenu à l’ANR-Ndolo avant d’être transféré à la prison centrale de MAKALA.

Joseph Katusele

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