
Le théâtre reprend molomolo ses lettres de noblesse, dans ce monde dominé par les nouvelles technologies d’Information et Communication, NTIC. Illustration ci-dessous à Goma,au Nord-Kivu, en RDC.
L’Amphithéâtre de l’Ecole Kivu International School (KIS) était bondé comme un oeuf ce dimanche 31 Juillet 2022. Des admirateurs de l’art de Molière sont venus suivre la pièce de theatre ‘’ L’Avent dans l’empire ‘’, de la plume de Nelson Muhongya sous la mise en scène de Henry Mubimbi. Deux heures durant, les acteurs principaux Musolini, Salima, le vieil Homme ainsi que deux agents et un garde ont émerveillé le public au travers leur prestation hors pairs.
Ouvrons nos rideaux sur ce spectacle. Bienvenue dans la salle, un monde bien installé et tout curieux de ce qui va se passer sur cette scène déjà préparée tel un café. Et voici le bonimentaire Florent qui demande l’attention du public et annonce le premier acte de l’opus.
La scène se passe dans un café. Salima, serveuse du café des patriotes s’étonne de n’avoir pas une grande clientèle. Au coin du bar, un vieil homme présentant l’air d’un sourd muet, à en croire son langage mimique.
Par après, un client entre en fumant. Il s’agit du jeune Muso alias Musolini. Après qu’elle entre, on lui sert un verre de Whisky, il échange avec la serveuse au sujet de la Politique. C’est malheureusement un mauvais jour pour lui puisque c’est le jour de la grande opération dans la région des petits lacs qui attend l’arrivée de l’empereur. Le service des renseignements sont ainsi instruits à traquer ceux qui peuvent causer des ennuis à l’empereur.
Deux agents de sécurité habillés en BIR( Bureau de renseignement Imperial) font leur entré au bar tout désert, ils estiment que c’est un indice et prennent ceux qui y sont pour suspects. Ils se mettent alors à les interroger pour recevoir d’eux les informations à propos des adeptes de Sassou, un chef rebelle du coin. La servante en premier, indique ainsi que Muso est le mieux placé pour donner de tels renseignements (car il s’y connaît en politique).

En pleine conversation le vieux sourd muet quitte la scène sans être interrogé. De toute façon, il ne parle pas, en plus il est vieux, il a tout l’air sauf d’un suspect, pensent les agents. ils interrogent Muso en le torturant mais n’obtiennent que dalle de lui.
Quelques temps après, l’agent Nadine remarque un sac au coin, celui-ci contient des documents ayant trait au mouvement de libération Tabula Raza du Chef rebelle Sassou. L’acte 1 finit par le regret d’avoir fait échapper le vieil homme.
Place à la détente avec les rossignols ténors qui interprètent des chansons Temps de cathédrale, Mon crédo, Je t’aime… pendant la préparation de la scène de l’acte deux.
Que les rideaux se rouvrent ! La deuxième scène se passe dans le bureau du vieil homme. Après qu’il soit installé, il remarque avoir oublié son sac. Tout inquiet, il compose un numéro de téléphone et appelle. Il parle, parbleu ! s’étonne le public. Il s’avère qu’il discute avec son chef car il rassure que tout va bien et qu’il fait venir un jeune intéressant pour intégrer la mafia.
Le fameux Muso emmené masqué jusqu’au bureau du vieil. Un enlèvement, certainement. Etonné de voir le vieil après qu’il soit démasqué, il demande qu’on le relâche. Le vieul explique le deal à Muso et lui fais la proposition d’intégrer leur camp. Ce jeune, tout ambitieux en politique et devant un dilemme soit accepter le deal du vieil et être aussi dissident soit rentrer au camp de services de renseignement. Avec son bagage intellectuel, le deux camps le veulent. Il est devant un embarra, Le vieul homme et son garde lui laisse le temps pour y penser et sortent de la scène.
Pendant qu’il raisonne et tente de contrôler le bureau en admirant des livres révolutionnaires qui y sont la BIR débarque. Quelle malchance ! Il les explique que ce n’est pas son bureau mais rien à prouver. Tout soupirant, il est ligoté mais indique même la direction qu’a pris le vieux et le garde et l’un des brigadiers y vas. Celui-ci revient ayant été touché par une balle. L’agent Nadine accourt pour aussi chercher les detraceturs. Muso est délié mais refuse de sauver l’agent à terre et par avec des documents.
Au retour, l’agent Nadine rentré désolant et trouve son camarade gisant sur le sol, sort avec lui sur scène et c’est la fin de l’acte. La pièce finit par ce suspens.
Interrogé sur le message qu’il veut passer à travers cette pièce, l’écrivain Nelson Muhongya rétorque que deux grands événements ont inspiré l’œuvre. Il s’agit de l’adhésion de la RDCongo à la communauté des pays de l’Est mais également l’attente en Rdc du num 1 de l’Eglise catholique romaine, Pape François.
‘’ L’empire ici c’est l’ensemble de toutes ces communautés, ces regroupements qui peuvent avoir un autre agenda. Ecrire cette pièce est donc une façon d’exprimer mon doute ; Est-ce que vraiment en adhérant à telle ou telle autre idéologie que l’on peut espérer un développement chez nous.’’ Ajoute-t’il avec un air satisfait que les acteurs aient été à la hauteur de la prestation.
A la fin de l’activité, le public a une voix au chapitre. Monsieur Alberic a ainsi indiqué avoir apprécié la pièce. Je regrette, déclare-t’il avoir manqué à vos prestations précédentes. C’est une très bonne initiative pour la jeunesse. Et de renchérir, ‘’ Moi-même si j’étais encore jeune je ne manquerai pas de venir, au moins ceux qui sont ici, je les invites à intégrer cette troupe de théâtre.
Interrogée Lyna Lidia témoigne avoir aimé l’écriture et la prestation de tous les acteurs. ‘’ J’ai tellement aimé l’interaction avec le public, l’incarnation du sourd muet, personne ne savait qu’il parlera. Je manque de mots, bref, c’était magnifiquement magnifique’’, avoue-t-elle, satisfaite.
Signalons que cette pièce a été jouée par les acteurs de la troupe des Z’acteur qui joue essentiellement les pièces classiques. Cette troupe a commencé sous le nom de Mirada. Déjà au début il a remporté le concours de théâtre organisé par le centre Jimmy Carter avec la présentation de la pièce Royaume de Bazuzunda. L’Avent dans l’empire est donc la quatrième prestation après les ‘’ Douze hommes en colère’’ écrit par Reginald Rose ainsi que‘’ Le diner des cons’’ de Francis Veber.
Ainsi les Z’acteurs contribuent non seulement au divertissement de la jeunesse mais aussi à son instruction. Ah oui, il meurt lentement celui qui ne rit pas, ut dixit Pablo Nerudo.
Albert Isse SIVAMWANZA



