Mois de Mars : les femmes domestiques méritent un bon traitement

Jeudi 16 mars 2023, les étudiants de l’Université de Goma en conférence sur « La problématique d’accès aux droits des femmes.
Quid des femmes dans le secteur domestique ? ‘’ Deux heures durant, ces étudiants étaient d’abord en échange avec Madame Modestine Etoy qui a abordé l’état de lieu de la situation de la femme domestique en République Démocratique du Congo. Ensuite le master Jean Jacques Kazingufu sur la problématique des travailleuses domestiques en legislation congolaise et en droit comparé.

Pour ouvrir le bal, la parole est accordée au Directeur de cabinet du recteur de l’UNIGOM. Celui-ci commence par circonscrire la tenue de cette activité. Eric Kambale indique que cette activité s’inscrit dans le rapprochement des experts aux étudiants pour marier la théorie apprise à l’auditoire à la pratique tel qu’exige le système LMD (Licence-Master-Doctorat).

Il souhaite à cet effet, que les étudiants s’engagent dans la lutte pour les travailleurs domestiques. C’était avant que Jacinthe Maarifa responsable du Programme à AGIR RDC circonscrive l’activité en présentant le combat de cette organisation des bénévoles congolais dans la promotion et la défense des droits des couches marginalisées.

Prenant la parole, Modestine Etoy, Executive de l’organisation AGIR RDC indique avoir été femme domestique pendant ses études aux Etats-Unis d’Amérique. Elle dit avoir travaillé comme cleaner « femme de ménage ». Cependant, elle déplore la violation des droits des pratiquantes de ce métier en RDCongo. ’’ Si en Europe ou en Amérique la femme domestique gagne sa vie grâce à ce métier, pourquoi pas ici ?’’ c’est la question qu’elle fait retentir dans la salle avec un ton militant.


A Goma, elle milite pour les droits des femmes à travers l’organisation Action Globale et Inclusive pour le Développement de la RDC, AGIR en sigles. Un des objectifs d’AGIR RDC est, en effet, la Promotion des travailleurs et Travailleuses domestiques. Celle-ci est un incubateur de l’organisation Union des Femmes travailleuses Domestiques du Congo (UFEDOC).

Par une approche participative, le public a contribué à l’état de lieux des femmes domestiques en répondant à ces différentes questions : Qui sont les travailleurs et travailleuses domestiques en RDC ? D’où viennent-elles ? Comment sont-elles appelées ? Quel traitement la société leur accorde ? Quelles sont les tâches qu’elles font ?…

En effet, les femmes de ménage (domestiques) sont généralement démunies, provenant des majoritairement de milieux ruraux à cause de l’insécurité généralement ou à la recherche d’une « bonne vie » en ville ; prêtes pour les travaux ménagers à contre-partie d’une modeste rémunération et pour bénéficier d’un logis gratuit. Il s’agit notamment de torchonner, faire la vaisselle, accompagner les jeunes enfants à l’école, faire la lessive d’habits, repasser les habits, préparer le repas familial, laver la voiture, servir de vigile de portail (à ouvrir et refermer après passage du véhicule), faire le jardinage, et autres « corvées ».

« Toutes ces tâches leur imposent souvent de se lever au premier cri du coq et aller au lit en dernier‘’, constate une étudiante de la médecine. Malgré la multitude des taches, elles sont moins considérées dans la société et reçoivent un salaire insignifiant. Dans la plupart de cas, elles subissent différentes formes de mépris, y compris la non possibilité de manger à table avec les autres convives au banquet. On peut les appeler ‘’ Dada, Chef de Travaux, Boy, Batu ya Musala (bons à tout faire), Bonne…’’ Et d’autres noms moins valeureux qui les rendent parfois vulnérables.

Que prévoit la loi en la matière?

Le deuxième orateur a quant à lui abordé la place de la problématique dans la législation congolaise et en droit comparé. En tant que Chercheur en faculté des droits à l’UNIGOM, Jean Jacques Kazingufu avance que la question des femmes travailleuses est multidimensionnelle.
Jean-Jacques situe le problème à partir du début du contrat.

En effet, le contrat de travail est caractérisé par un flou, il est verbal et le travailleur a du mal à réclamer des droits lorsqu’ils n’existent pas par écrit du fait qu’à la longue il n’a pas la possibilité de présenter des preuves tels le bulletin de paiement,… Aussi, souligne monsieur Jean Jacques, ’’leur domicile est confondu avec la maison de leur patron’’ ainsi ils n’ont pas des heures de repos, ils vont au-delà des 8h de travail.

Recevant un salaire modeste au regard de la multiplicité de tâches exécutées, elles ne sont pas déclarées à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), une exigence légale pourtant. Après le service rendu elles ne reçoivent aucune « Attestation‘’ pourtant l’équilibre de la maison répose sur eux, regrette le Chercheur.

Etant membre de l’Organisation International du Travail, la RDCongo doit suivre la convention 189 sur les travailleurs et travailleurs domestiques. En effet, comme travailleuse, la femme domestique a droit à (au/ la) :

– Respect du temps travail : 8 Heures de travail max ;
– Repos hebdomadaire et congé de circonstance
– Remuneration adequate
– Stabilité de l’emploi
– Respect de l’intégrité physique et morale
– Santé et la sécurité au travail
Ces différents droits sont très loin d’être respectés pourtant.

A la fin de l’activité, le Club AGIR des étudiants de l’UNIGOM a été constitué. Ils se réuniront (suivant un planning à fixer) pour échanger autour des différentes thématiques telles que celle des droits des femmes.

Comme le dit le Prix Nobel Denis Mukwege dit « Réparateur des femmes », les droits des femmes sont les droits humains, il faut se battre tous ensemble contre les violences qui leurs sont infligées. Ainsi donc, protéger et promouvoir les droits des peuples est une condition royale pour avoir un monde où il fait beau vivre.

Albert Isse Sivamwanza

Goma : l’émancipation féminine au cœur d’un échange des staffs de AGIR RDC


‘’L’émancipation de la femme, qu’en pensez-vous ? ’’C’est la question autour de laquelle le staff de l’organisation Action Globale et Inclusive pour le développement de la RDC (AGIR RDC) a commémoré la journée des droits des femmes le jeudi 8 Mars. L’échange de ce jour a été facilité par Jacinthe Maarifa, le chargé des programmes.

A 14 Heures de Goma, Le staff, volontaires, animateurs communautaire ainsi que les accompagnateurs psycho-social constitués en majorité de femmes sont réunis dans la salle de réunion du bureau d’AGIR. Après une animation d’agrémentation. Le facilitateur lance la séance par deux vidéos. La première évoque la considération du mariage par la société, la seconde constitue un témoignage d’une femme sur l’émancipation de la femme.

Dans son introduction,  Jacinthe Maarifa annonce les deux raisons pour développer cette thématique.  Dans la lutte pour l’égalité, déclare- t’il l’émancipation est la clé nécessaire. Et de poursuivre qu’aujourd’hui il est urgent et opportun d’interroger le sens du concept « émancipation » pour évaluer la lutte menée jusqu’aujourd’hui, repérer les déviations, redéfinir les priorités et les capitalisées sur ce long chemin de l’émancipation, et ce pour s’inscrire dans une lutte méthodique et organisée en faveur de l’égalité Homme-Femme.

Comme la séance était organisée dans une approche participative, les femmes étaient invitées à former des corps qui portent et imposent leurs préoccupations. La lutte s’annonce longue mais faisable. Et à la slameuse Esther Abumba de renchérir : La femme doit être une boule d’énergie, prôneuse de la pacification, enseignante de la persévérance. L’énergie qui donne la rage et nourrit du courage. Celle qui s’enflamme pour révolter les âmes à faire de même.

Quel rôle de l’homme dans ce combat ?

Ci-dessous les stratégies évoquées par les participants en vue d’aboutir à l’émancipation de la femme :

-D’abord s’informer sur le combat pour l’égalité afin de ne pas être promoteurs des messages rétrogrades à l’égard de la femme. 

–  Participer à la lutte aux cotés des femmes. Ayant une place dans la communauté,  l’émancipation de la femme est celle de toute la société dans son entièreté.

S’adressant aux femmes, Modestine  Etoy, Directrice Exécutive d’AGIR estime que dans le monde professionnel, par exemple, bien que dans certains cas les femmes soient privilégiées, cela ne leur donne pas carte blanche de ne pas déployer les efforts nécessaires pour s’améliorer. Cette approche est en parfaite harmonie avec le thème national de la célébration de la Journée Internationale de la Femme 2023 « Education numérique égalitaire pour la paix et autonomisation des femmes et filles en RDC ».

Pour rappel, AGIR RDC  est une organisation humanitaire locale qui prône plus l’égalité des chances homme et femmes. De par sa vision, cette Organisation rêve d’un monde où chaque personne a une voix et la capacité de réaliser son plein potentiel.

L’activité s’est clôturée par un partage d’un verre, dans une ambiance fraternelle.

Albert Isse Sivamwanza

Ce qu’il faut retenir du testament du feu Honorable Jean Louis Ernest KYAVIRO.

19 janvier 2019 – 19 janvier 2023, 4 ans déjà jour pour jour depuis que s’éteignait Ernest KYAVIRO, notable de la ville de Beni ayant milité pendant ses derniers jours pour la fin des massacres dans cette partie de la province du Nord Kivu. 4 tristes années après son départ, quelques-unes des dernières actions politiques de ce fervent combattant méritent une attention particulière. C’est ce que pense Christian KYAVIRO, son fils que nous avons rencontré.

Christian Kyaviro est Politologue de Formation à l’université de Goma.  » 4 ans après le départ de mon père, 4 ans d’investigation, 4 ans de fouille systématique, je viens enfin de tomber sur les toutes dernières actions politiques de mon père  » a-t-il indiqué, soucieux de continuer la lutte de son père. C’était dans une déclaration rendue public le jeudi 19 janvier dernier.

De ces actions politiques, que Christian qualifie de « testament de mon père », il ne se limite qu’à deux qui, selon lui, sont les plus marquantes. En effet, dans une lettre adressée à ses compagnons, Ernest KYAVIRO dénonce un certain nombre d’injustices dont il a été lui-même témoin, de son vivant.

De Bosco NTAGANDA alias « terminator » jusqu’à Moise KATUMBI en passant par Gédéon KYUNGU, surnommé « Chinja chinja », il use d’un parallélisme comparatif pour illustrer la contradiction des décisions prises par le gouvernement congolais. Pour lui, des « criminels » ont été visiblement récompensés pour leurs innombrables crimes en dépits des poursuites judiciaires dont ils étaient des cibles, et des grands combattants dignes des éloges de tous ont été pourtant contraints à l’exil.

Cette lettre qui avait pour but de conscientiser tous ses interlocuteurs finit par des questions rhétoriques les rappelant le sens de l’intérêt du pays : « C’est pour cela que je voudrais que ceux qui peuvent m’aider à trouver l’intérêt du pays et la garantie des élections apaisées dans les attitudes ci-haut décrites m’aident, et c’est pourquoi je sollicite humblement une large diffusion de mes questions », soupire-t-il, criant à l’aide à ses confrères de lutte pour qu’il soit entendu un peu partout.

Ensuite, au côté d’une dizaine de notables de Beni, parmi lesquels Hon. Jean Paul LUMBULUMBU (actuel vice-président de l’Assemblée Provinciale du Nord Kivu), animés par le retour de la paix dans fief, il a initié une demande d’aide qu’ils ont adressée au Docteur Dénis Mukwege. Cette correspondance consistait à demander au Prix Nobel de la Paix 2018 de mener un plaidoyer en faveur d’une ingérence humanitaire international pour mettre fin aux massacres perpétrés par les terroristes de l’ADF/NALU depuis octobre 2014.

Réagissant à l’attitude de l’ONU devant toutes les injustices que vivait le congolais, ce député national avait décidé de mener une action à l’échelle internationale. Cela à travers une correspondance adressée à Antonio Guiteres, Secrétaire Général De l’ONU. Dans cette lettre ouverte et bien détaillée, Ernest exprime clairement sa protestation contre le regard silencieux de l’ONU à tous les niveaux et l’appelait à mettre fin à l’impunité et à renforcer la protection des civiles lors des conflits armés : « Avant tout, l’ONU doit de mettre fin à l’impunité dont elle fait preuve en RDC. « … »

Ensuite, la protection des civils doit être rendue plus efficace : les Nations Unies doivent désormais avoir le devoir et la capacité  d’intervenir même quand les agents de l’état, en violation de la constitution congolaise abusent la puissance publique. Ainsi, la nouvelle Résolution doit prévoir non seulement de mieux  équiper et de mieux entrainer les troupes de la MONUSCO, mais aussi leur donner le droit d’intervenir quand les droits des civils sont menacés par des agents de l’Etat. » Concluant-il en termes de propositions à cette autorité des nations unies.

Ainsi, émerveillé par la lutte inachevée initiée par son défunt père, Christian KYAVIRO, ce jeune politologue de formation, fruit de l’université de Goma décide de s’engager à la poursuite de cette lutte qui est restée jusque-là sans résultat concret parce que souffrant, selon lui, d’un manque d’attention : « Au vu du combat qu’avait mené mon père de son vivant, je me suis dit que le plus grand hommage que je puisse lui rendre c’est de poursuivre sa lutte. J’irai jusqu’à verser la dernière goute de mon sang, s’il le faut, pour la cause que mon père servait puisse atteindre son but », nous a-t-il confié, convaincu qu’il faut rendre l’âme pour une lutte salvatrice.

Pour rappel, l’honorable Ernest Jean Louis Ernest KYAVIRO s’est éteint le 19 janvier 2019 de suite des malaises causés par les conditions inhumaines dans lesquelles il avait été détenu à l’ANR-Ndolo avant d’être transféré à la prison centrale de MAKALA.

Joseph Katusele

Goma : l’organisation NEPA en visite dans le site des déplacés de Don Bosco

Ce dimanche 05 Décembre 2022, l’organisation Nouvel Espoir pour l’Afrique ( RDC-Goma) était en visite dans le site Don Bosco Ngangi. Ce dernier regorge des déplacés (estimés à 26 Mille) ayant fui les affrontements entre les FARDC et les M23. Depuis le début du mois de Novembre, la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu reçoit des milliers de populations déplacées en provenance du Territoire de Rutchuru et une partie du Territoire de Nyiragongo. Ces derniers sont aujourd’hui envahis par les rebelles du M23.

Plus de 50 mille (Statistiques de la société civile au début de Novembre), c’est le nombre de déplacés qui s’installent dans différents sites connu officiellement tels que Kanyaruchinya, Kayembe, Mujoga… A cause du surpeuplement d’autres cherchent des endroits vides tels des terrains de football pour installer leurs maisons de fortune afin de s’abriter des intempéries.

Parmi les sites non reconnu figure deux terrains de football se trouvant devant la paroisse Catholique Don Bosco Ngangi. Animé par la compassion et voulant s’enquérir de la situation, l’organisation Nouvel Espoir pour l’Afrique (section de Goma) s’est rendu l’après-midi de ce dimanche dans ce site. Dans sa gibecière, on pouvait voir quelques pains ainsi que du sel.

Habillés en Lacoste et Chapeau avec visibilité ‘’ Nouvel Espoir pour l’Afrique ‘’ l’équipe restreinte de cette organisation a d’abord échangé une heure durant avec le père Jean Paul, curé de la paroisse Don Bosco, ainsi que le chef du site. Par la suite, elle s’est dirigée dans le camp pour la visite.

« C’est depuis le mardi 8 Novembre que les premiers déplacées se sont installés ici. Chaque jour qui passait, ils devenaient de plus en plus nombreux à s’installer dans l’espace réservé au sport. Nous avons ainsi éclairé le site en y mettant des lampadaires ‘’ a fait savoir le père Jean Pierre, accueillant l’équipe NEPA dans la paillote du couvent de la congrégation des pères Salesiens. Et de renchérir que les déplacés sont estimés au total à 26 mille, parmi lesquels 14 mille ayant moins de 18 ans.

Du côté de NEPA, le coordonnateur Anselme Paluku à quant à lui présenter l’organisation ;
« Il s’agit de la première activité de notre organisation, nous sommes venus d’abord voir comment vivent les déplacées dans ce camps et compatir avec eux » a-t’il dit, avant d’être compléter par le médecin Sylvain Kamate qui a demandé la situation sanitaire du camp.

Pour finir, le chef de site a conduit les 5 hôtes dans le site pour la visite. Maison de fortune, maladie liées à la saleté, manque des vivres, famine… C’est entre autre les problèmes observés. Cette ASBL lance ainsi un appel à contribution aux personnes physiques et morales de bonne volonté pour donner un coup de main pouvant alléguer la souffrance de ces compatriotes.

Retour en image de cette visite via ce lien https://photos.app.goo.gl/dCdQyt9TZzaMYS7AA

Comme dit une sagesse africaine, le feu brûle plus haut quand chacun y apporte son morceau de bois.


Albert Isse Sivamwanza

Goma: le leadership chrétien au cœur des échanges à l’université Catholique la Sapientia

Une centaine de jeunes étudiants de Goma ont bénéficié de la capacitation en matière de leadership chrétien.La formation a eu lieu ce samedi 19 Novembre à L’université Catholique la Sapientia (UCS). C’était à l’initiative de l’organisation Leadership pour la jeunesse de l’Afrique (AYLF) en collaboration avec le comité estudiantin de La dite institution.


Durant presque 5 heures, ces jeunes ont échangé autour du thème « l’intendance en leadership » développé par Hilaire Maheshe ainsi que Tim Kreutter, respectivement SAF de la faculté des SIC de l’UCS et fondateur de AYLF. Pour mettre à l’aise son audience et en guise d’introduction, Monsieur Hilaire MAHESHE a commencé par réchauffer son public qui semblait affaibli par l’atmosphère. Celui-ci a par la suite développé le sous point  » Suis-je le gardien de mon frère? »

A l’en croire, ce sous-thème est inspiré de la bible par la réponse que donne Caïen à Dieu après avoir abattu son frère cadet, Abel. L’intervention a tourné essentiellement autour de la fratrie et de la manière dont nous la concevons chacun personnellement, d’abord, et ensuite dans toute la société.
« L’être humain n’a pas besoin seulement des finances pour prouver la solidarité, il a également besoin d’une oreille pour l’entendre, d’une épaule pour pleurer », a-t-il dit en invitant son auditoire à penser au delà du matériel quand il faut aider les autres.


Qui est mon frère ???

Hilaire Maheshe

Reconnaissant que chacun aurait une réponse personnelle à cette question, l’orateur a non seulement insisté sur le critère de choix que chacun se fixe pour considérer autrui comme son frère mais a invité à l’objectivité et à l’inclusivité dans le choix des critères.
Et de renchérir « Jésus nous a donné à chacun la possibilité de devenir son frère. Dans l’évangile de Luc chapitre 8 au verset 21 Jésus dit : ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique »


L’intendance en leadership

La deuxième partie de la conférence a été bilingue vue l’obstacle linguistique de l’orateur. Américain de son état et anglophone, Tim Kreutter a présenté trois niveaux auxquels se situe l’intendance. Il s’agit notamment du niveau personnel, le niveau d’une organisation ainsi que l’intendance au niveau collectif (autrement le leadership.)
Toute son attention a tourné sur la question de responsabilité dans l’intendance à tous ces trois niveaux.  » On demandera beaucoup à qui l’on a donné beaucoup » pensait uncle Tim, faisant allusion à l’Évangile de Jésus selon Saint Luc 12,48.

Puis s’en est suivie une séance de questions-réponses entre l’audience et les intervenants. Partie qui a débouché sur des échanges, permettant aux participants de s’exprimer. Ensuite un partage fraternel a pris place avant de clôturer par une évaluation participative à l’intention de l’audience afin d’aider le forum à améliorer le contenu de ses activités à venir.

Pour rappel, Africa Youth Leadership Forum, AYLF en sigle, se veut une famille d’amis dont l’objectif est de développer une nouvelle génération des leaders en Afrique selon le modèle de Jésus-Christ. 

Joseph Katusele

Goma-Culture: présentation du spectacle  » Sous l’art  » de l’humouriste Prisca The Drunker

Le public gomatracien amoureux des arts a accueilli le spectacle « sous l’art » de l’humoriste Prisca the Drunker la soirée de ce dimanche 30 octobre 2022 au centre culturel francophone, ex allience française.

Annoncé sous le style « One man show », le spectacle a pourtant connu la présentation de deux autres artistes qui ont inauguré son podium.

© Julien Muliwavyo

Tout a commencé vers 17h par l’exposition de Amani Mulilbi John-Primo, jeune dessinateur âgé de 17 ans seulement mais qui présente déjà une touche particulière.
Ensuite, un journaliste et écrivain sur le plateau pour parler de son livre. Il s’agit bien de Fidele Kitsa pour son titre « Le reporter du feu », un livre racontant la récente éruption du Nyiragongo datant du 21 mai 2022.

 » Je suis profondément reconnaissant pour cette attitude des jeunes de Goma de promouvoir les leurs, c’est ce qui fait et continuera à faire la force de Goma, les jeunes se soutenir mutuellement, se tenir mains dans la main et se booster. » nous a confié le reporter du feu exprimant sa gratitude aux organisateurs de « sous l’art » les félicitant également pour la hauteur de leur performance.

En dehors d’avoir ri et été détendu, « nous avons passé un message de compassion et d’amour à ces milliers des congolais qui souffrent suite à l’insécurité, nous avons réclamé le retour de la paix dans l’Est », renchérit-il estimant que la paix est un élément clé qui favorise la promotion de l’art.

Ensuite est venu l’humour proprement dit au rendez-vous. Des réalités de la vie quotidienne comparées à la vie d’ailleurs vers des histoires propres à elle en passant par des faits d’actualité, l’artiste a su arracher le sourire de son public en le faisant interagir dans sa prestation.

« Le spectacle d’aujourd’hui a été une réussite énorme, l’artiste a été à la hauteur je ne m’attendais pas à une telle prestation. » s’exclame Eliane Feza, artiste slameuse de Goma présente dans le public de « Sous l’art » en se lamentant sur le léger retard observé juste au début.

« Chapeau bas à the Drunk. Je respecte son travail, elle fait la fierté de la jeune fille dans l’art à L’Est du Congo » poursuit-elle, admirant la performance de sa camarade artiste.
Pour l’humoriste, à part le dur labeur de toute l’équipe de production, le spectacle a eu son goût grâce à son public qu’elle a qualifié de « présent et interactif ». « Le public qui est venu m’assisté était surprenant. Il était vraiment présent, ce qui m’a permis de repousser mes limites. C’etait vraiment génial » déclare-t-elle dans un entretien exclusif nous accordé.

Après près de deux heures de détente totale assaisonné des rires suivis des acclamations, l’artiste à mis fin au spectacle ouvrant ainsi une dernière partie de séance photo avec ses fans, façon pour eux d’éterniser le souvenir de cette soirée.

La population congolaise habitant l’Est du pays traverse beaucoup d’évènements susceptibles de la traumatiser. L’art en général et l’humour en particulier, constituerait une arme très efficace dans la résilience.

Joseph Katusele

GomaMugunga : l’organisation AGIR-RDC sensibilise sur le planning familial

Toute conception n’est pas synonyme du Bonheur, disent les sages. C’est dans cette perspectives que les femmes et hommes de Mugunga étaient sensibilisés ce dimanche 16 Octobre 2022 sur le planning familial. L’activité s’est tenue à Mugunga, quartier sud de Goma, Nord Kivu, en RDCongo. C’était à l’occasion de l’ouverture du centre d’apprentissage et de métiers de l’organisation AGIR-RDC (Action Globale et Inclusive pour le développement de la RDCongo).

Ce centre servira de cadre de dialogue entre des jeunes, hommes et femmes et d’appui au développement des communautés.
Au total la quarantaine de membres – à majorité féminin – ont pris part à cette rencontre. Il s’agit des hommes et des femmes participants dans le projet Haki Zangu (Mes droits) en faveur des hommes et des femmes domestiques, ainsi que le projet ‘’ Twaweza Shinda (Nous pouvons réussir) en faveur des Sinistrés du volcan Nyiragongo et de déplacés de guerre.


Le choix de la thématique était motivé par le besoin de la communauté bénéficiaire des projets d’AGIR RDC à Mugunga ainsi que dans le territoire de Nyiragongo. En effet, dans ces deux milieux, le sujet de la contraception reste tabou dans nombreuses familles vulnérables. Par conséquent, on énumère un nombre de cas de grossesses précoces et/ou d’avortement… A titre illustratif, un corps sans vie d’un bébé a ete retrouvé dans le quartier Ngangi, le 12 Octobre dernier.


Avec une méthodologie participative et des matériels didactiques, le médecin Docteur Kazinguvu Mitterrand a donné des orientations et éclairé la lanterne des participants en fonction de leurs questions et inquiétudes. Bénéficiaire de cette formation, Alice Bwanga a indiqué qu’avant cette séance, elle ne savait pas qu’il y’avait autant de catégories des méthodes de contraception.

Dr Mitterrand


De son côté, Aline Maombi, mère de 8 enfants estime par ailleurs que planifier influe sur l’économie de la famille. ‘’ Il faut beaucoup de moyens financiers pour nourrir, vêtir, scolariser, soigner… les enfants, plus vous en avez nombreux, plus vous dépensez.’’ Poursuit’ ’elle.


Signalons que ce Centre est situé à Mugunga, à plus ou moins 300 metres derrière le Bureau du quartier Lac vert. A en croire la Directrice exécutive de AGIR RDC, dans l’avenir ce cadre sera non seulement une école des métiers mais permettra également aux parents et jeunes de dialoguer et discuter aux défis de société et proposer des solutions adaptées à ses problèmes.


Pour y arriver, la Directrice lance un S.O.S: ‘’ Nous avons besoin de l’accompagnement des autorités locales des partenaires et des personnes de bonne volonté pour accompagner notre vision ». Puisse ce cri recueillir le plus d’audience et d’actions !


Albert Isse Sivamwanza

Environnement : des jeunes de Goma célèbrent un concert pour le climat

 Le changement climatique est une affaire de tous. C’est dans cette optique que des organisations de défense  de l’environnement ainsi que des jeunes artistes ont organisé un Concert pour le Climat ce vendredi 23 Septembre 2022. A l’unanimité, ils ont sensibilisé la communauté sur la responsabilité personnelle dans la préservation de l’environnement ainsi que des dangers que représente l’exploitation du pétrole dans le parc de Virunga, Patrimoine mondial de l’humanité.

Une cinquantaine de jeunes étaient au cœur de cette activité publique d’importance combien capitale, membres de ces organisations : Extensions rébellion, Association de jeunes visionnaires pour le développement du Congo (AJVD) ainsi que des artistes slameurs, comédien et danseur de Goma Slam Session et le Groupe d’Action pour la Résilience Juvénile (Gaarj), les rossignols ténors…

Les rossignols ténors

 Cet évènement arc-en-ciel a eu lieu la soirée du 23 Septembre 2022 dans la capitale provinciale du Nord Kivu, à 100 mètres de la Rue communément appelée « Président » qui mène au Gouvernorat de Province. Ainsi, ils ont non seulement mobilisé la population sur les enjeux du changement climatique mais également  interpellé le gouvernement congolais sur l’annulation de la vente de 27 Blocs pétroliers et trois gazières. Pour rappel, depuis le mois de Juillet 2022, le gouvernement a fait un appel à la vente aux enchères des blocs pétroliers

 « Cette vente ne tient pas compte des droits des communautés riveraines et celles autours  zones ciblées par l’exploration du pétrole. Par exemple, l’exploitation du pétrole du parc national de Virunga  risque de détruire une forêt qui nous procure de l’oxygène.  L’exploiter c’est tuer la vie de la population environnantes pratiquant l’agriculture, la pèche et l’élevage pour survivre », s’est plaint Justin Mutabesha, de l’AJVD

A l’en croire, après la sensibilisation de masse, cette action ira aux instances supérieures. Nous apporterons nos revendications auprès des autorités pour leur dire qu’ils devraient commencer par des préalables avant d’annoncer l’exploitation. Nous proposerons également l’alternative  d’investir dans les énergies renouvelables. Car Celles-ci au moins ne changent pas l’environnement’’, argue-t-il.

Pour sa part, Pascal Mirindi, d’Extenction Rébellion, s’est appesanti sur les conséquences des modifications de l’écosystème sur l’air que l’Homme respire, et donc sur la vie. « C’est un écosystème qui a un lien avec la vie humaine. C’est pourquoi, les décisions prises par les autorités doivent prioriser la gestion durable et rationnelle des ressources congolaises. Et tenir compte de notre génération et des générations futures », invite-t-il.

Signalons qu’à cette même date à Kinshasa, des jeunes ont aussi manifesté pour exiger une justice climatique en prévision de la Cop 27 à deux mois sa tenue. Pour rappel, la Cop27 regroupe des pays au niveau mondial sur la question spécifique du Climat.

Ainsi se mène le combat de préservation de notre Maison Commune (la Planète Terre), comme l’a rappelé le pape François. Ce combat requiert les armes de tout citoyen du monde, pour qu’ensemble laissions aux générations futures un monde où il fait beau vivre.

Albert Isse Sivamwanza  

 

Goma entrepreneuriat : remise des prix et trophées d’excellence aux lauréats

Les efforts finissent toujours par être reconnus et récompensés, pensent les sages. C’est dans cette perspective que l’Organisation  » Tous pour un Congo Nouveau » a primé une soixantaine des lauréats des villes du Nord Kivu, en RDC. C’était au cours d’une activité intitulée ‘’ Soirée des prix de l’excellence 2022 ‘’ qui a honorée des hommes, femmes ainsi que des organisations œuvrant dans différents domaines et qui se sont démarqué dans leur travail en impactant l’émergence et le développement du pays.

Cette activité s’est tenue à Goma, Nord-Kivu, dans la grande salle de l’Hôtel Congo Uni le Dimanche 11 Septembre 2022. Des invités de marque ont répondu favorablement à cette cérémonie. Pour ouvrir le bal, chaque invité était orienté par le protocole, à une séance photo. Différentes autorités étaient présentes à cette cérémonie il s’agit notamment du Vice-Gouverneur militaire ainsi que le Maire de la ville de Beni.


Après les mots des différents partenaires pour ouvrir la cérémonie, le Coordonnateur de cette Organisation a d’abord appelé différents lauréats pour leur remettre les prix de l’excellence, d’autres des trophées de catégorie. Il s’agit notamment de 62 lauréats (hommes, femmes, et organisations confondues) qui se sont distinguées dans les domaines de l’éducation, le social, la santé, l’entrepreneuriat, la culture, le leadership… ‘’


« La remise de prix de l’excellence consiste à réunir les échantillons des leaders, des autorités et des couches représentatives de la communauté congolaise pour célébrer leurs efforts. Face aux problèmes de notre société, différentes leaders et organisations se mettent au travail dans leurs domaines, c’est donc pour les encourager à faire mieux ’’ a lancé Josué Muneke, coordonnateur de TCN.

Mode opératoire de choix de lauréats


Avant de connaitre les noms des Lauréats, une équipe est descendue sur terrain, depuis Mars 2022, dans différentes villes et territoire du Nord-Kivu pour recueillir et proposer des noms de ceux qui débordent d’actions sur terrain. ‘’ Après cette activité, il y’aura des efforts communs que nous mettrons ensemble avec les lauréats ainsi que les autorités pour voir à quel niveau on peut encore élever le sociale et le développement de la RDC’’ a-t’il renchérit.

Satisfait de cette activité, Charles Bwale, un des participants et partenaire pour le compte de l’organisation UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population) a indiqué être prêt à accompagner l’organisation TCN dans l’optique de l’emmener à développer ses potentialités. ‘’ Après cette étape nous seront encore heureux d’écouter les histoires de succès et que le prix et les trophées remis ce jour soient des facteurs des moyens d’incitation au développement de la communauté » poursuit-il.

Interrogé pour sa part, le lauréat Pascal Chirhalwirwa a indiqué ne pas s’imaginer que ses actions soient suivies par des jeunes de Goma à seulement deux ans seulement après avoir passé plusieurs années en dehors du pays. ‘’ L’événement a été pour moi une belle occasion de rencontres et surtout de découvrir toutes ces dynamiques entrepreneuriales qui redonnent de l’espoir dans notre pays.’’

Signalons que Tous vers un Congo Nouveau est une est une Structure Nationale créée en ville de Goma le 3 Juillet 2017, avec deux bureaux de représentation dans la province du Nord-Kivu, et travaille sur trois volets ou programme : humanitaire, développement durable ainsi que celui de l’éducation à la bonne citoyenneté. L’activité de prix d’excellence s’inscrit dans le dernier volet de l’Organisation. Il s’agit de la première édition du prix de l’excellence.

Comme l’a dit Pascal Chirhalwirwa  » Ces jeunes démontrent par leur dynamisme qu’au-delà du volcan et de l’insécurité nous imposée par les ennemis de la paix, il y a la vie au Nord-Kivu et qu’il faut l’entretenir par nos initiatives de développement. » Un appel à la résilience, en dépit de conditions peu favorables de la nature ou des mauvais actes de l’homme.

Revivez la soirée en images via ce lien https://drive.google.com/drive/folders/1ceFZN13XhJyd2-oVCOJFe-02Q3hFq348?usp=sharing

Albert Isse Sivamwanza

Goma : lancement du programme  » Vacances vertes ».

Lorganisation Green World Foundation (GWF Asbl) a lancé le vendredi 05 Aout le programme d’activités de vacances vertes. Ce dernier consiste à initier une cinquantaine des jeunes écoliers et élèves de la ville de Goma dont l’âge varie entre 10 et 15 ans à la préservation de l’environnement.

Durant quatre semaines, ces enfants qui sont aujourd’hui en pleine période des vacances bénéficieront des différentes formations environnementales telles que La gestion des déchets ménagers, l’éducation nutritionnelle et gestion dun jardin potager, l’éducation environnementale et préservation de la biodiversité ainsi que L’élevage domestique. Selon les organisateurs, ils pourront ainsi dans l’avenir contribuer à promotion des techniques agricoles adaptées.

 » Nous voulons voir ces élèves être des éco-ambassadeurs dans la communauté. Avec cet encadrement ils seront acteurs de changement. Ils vont par la suite poser des actions éco-responsables en vue de participer à la lutte contre le réchauffement climatique. Et pour nous rassurer qu’ils pratiquent ce qu’ils auront appris, nous comptons faire un suivit permanent. » a indiqué, Yves N’ama, le coordonnateur de cette organisation.

Green Word Foundation est une organisation des jeunes engagée depuis 2020 dans la lutte pour la protection de l’environnement, la lutte contre le réchauffement climatique et la gestion durable des ressources naturelles. Elle a lancé des microprojets tels que la gestion l’élevage des lapins, des mouches soldats noires

Notre ambition, conclu Yves est de devenir à terme, une organisation fiable et incontournable en RDCongo et en Afrique Centrale, engagée dans la démarche de préservation de la biodiversité, de lutte contre le réchauffement climatique, l’insécurité alimentaire et la pollution.

Pour conclure, il invite d’autres
Jeunes à entreprendre dans l’agriculture durable qu’il considère d’ailleurs comme une affaire de tous.  »Les jeunes doivent simpliquer dans lentrepreneuriat vert pour participer activement à la protection de la bio-diversité. »

Albert Isse SIVAMWWANZA

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